Christian Milovanoff, lacritique.org et Traverse Vidéo, 2017 :

… QUI EST LÀ

C’est un écran qui est là, on dirait un trou que la caméra fixe sans jamais se départir. Un écran donc et voilà deux hommes qui se chamaillent ou plutôt deux hommes en lutte, se mesurant au corps à corps et qui font fi de cette fenêtre-écran comme s’ils y étaient derrière sans se préoccuper de ce qui se passe devant. C’est une lutte à laquelle ils se livrent, c’est une lutte qui est là et non un spectacle, même si nous, devant, nous en sommes les regardeurs.
On voit les bras des combattants, le haut de leurs corps seulement. Ils sont deux s’agrippant l’un l’autre, puis un disparaît, puis les deux pour revenir ensuite et continuer la joute.

Comme plusieurs notes tressées pour n’en faire qu’une, c’est aussi un bruit que l’on entend, en continu et qui, pareil aux actions des protagonistes, s’interrompt, s’efface pour réapparaître ensuite, inchangé, invariable.

C’est du cinéma qui est là, celui d’Aurélie Garon : du « bruit cou coupé » et des images, la rencontre de toutes les métamorphoses possibles, le lieu même de l’imagination.

Holger Birkholz, Curator, Kassel, Germany :

Brenda Goldstein, POV magazine, Toronto, Canada :

It is good to watch Aurelie Garon's piece "C’est un bruit qui est là, qui permet de respirer on dirait..." ("It seems it's a noise that allows you to breathe...") while realizing that oxygen gives us life but the act of respiration causes our tissues to oxidize and deteriorate over time. It is this paradox that Garon's installation captures with a projection of two men fighting without purpose or determination. Neither scores a TKO; neither goes down; the fight continues, half hearted, at a stalemate. The violence is futile. In front of the projection is a record player. The video is being played from the vinyl itself, a device of Garon's invention, but the player turns in the opposite direction than it should, causing the needle to slowly etch away the image, degrading it slightly with each play. This piece is striking for its refined sensibility, its clever use of analogue media to describe the epehemerality of the digital signal. At the same time this ugly scene manages to touch on the sublime paradox at the centre of life.

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